Fin de siècle et fin de millénaire : « Diruta, revivisco »
Au moment où Châtelaillon-plage fête le centenaire de son existence en tant que commune à part entière en 1996, sa population est passée de 800 habitants en 1900 à près de six mille. Le casino a traversé les époques, subi les tensions de l'Histoire, les destructions accidentelles, acquis les transformations volontaires. Son environnement proche a lui aussi connu une métamorphose avec notamment la création d'une plage nouvelle dont la surface offerte aux habitants et aux estivants s 'est considérablement accrue. C'est à la fois une mémoire du siècle qui nourrit cette imposante manifestation et l'affirmation d'une identité, celle d'une ville dont l'existence s'est construite avec et contre la mer : avec la mer pour son développement comme cité balnéaire désormais florissante et contre la mer avec le combat permanent qu'elle a mené depuis ce siècle pour lutter contre les tempêtes, les raz de marée.
Au moment où le siècle s'achève, « Dirutaa revivisco » (Détuite, le revis ) proclame plus que jamais sa résolution pour le millénaire qui s'annonce.
Quand le nouveau siècle ouvrira le nouveau millénaire, Châtelaillon devra faire face, comme tout au long de son bistoire, à cette confrontation avec la mer. Devant le casino de Châtelaillon le ré-ensablement de la plage reste une préoccupation constante car la dérive naturelle du sable du nord vers le sud du front de mer est un phénomène que les courants marins entretiennent. Aussi, en 2004, il faut une fois encore procéder à une opération de transfèrement du sable pour le placer devant le casino et sur la partie nord de la plage. 60 000 M3 de sable sont ainsi apportés sur une longueur de huit cents mètres entre le casino et le quartier d'Orbigny.
A proximité du casino, dix ans après le dernier ré-ensablement de la plage de Châtelaillon, un brise-lames voit le jour au nord du littoral et une nouvelle plage naît. Le brise-lames Nord, mis en place du printemps 2014 à juin 2015, est constitué d'enrochements en diorites pesant entre une et quatre tonnes implantées sur deux cents mètres de long et vingt mètres de large. Il a pour mission de casser la houle avant qu'elle atteigne la côte. Au total, ce sont plus de quatre-vingt mille mètres cubes de sable qui ont été apportés au niveau de la rue Charbonneaux, en arrière du brise-lames. Le sable, extrait au large de l'Ile d'Oléron à seize kilomètres de la côte, est refoulé dans une conduite posée sur l'estran. Ensuite, un bulldozer eut pour tâche de niveler le sable au fur et à mesure. Une opération spectaculaire qui a duré plus de quarante jours ! Ce chantier s'est terminé en juin 2015 en créant une nouvelle plage de seize mille mètres carrés.
« Détruite, je revis » reste plus que jamais la devise impérieuse de la cité.