1988 L'effondrement du casi
no
Si les premières planches à voile apparaissent à Châtelaillon avant la fin des années soixante dix, c'est véritablement au début des années 1980 que cette nouveauté conquiert la plage comme en témoigne cette carte. Certes l'origine de cette invention remonte dans le temps avec une bataille de paternité aux États-Unis. Il faudra attendre 1973 et le salon nautique de Paris, au CNIT, pour y découvrir la première planche à voile en France et 1974, pour que débute son importation dans notre pays. Une nouvelle génération va ainsi délaisser les sports d'équipe au profit de sports individuels où les sensations prévalent sur les performances. C'est véritablement le point de départ pour l'explosion de la planche à voile en France qui devient sport olympique en 1984 à Los Angeles.
Dans le même temps, le casino continue à perdre quelque peu de son aura. « Le casino a perdu de son luxe et de son lustre en même temps que la plage de « Châtel » s'envasait » témoignera plus tard un journaliste de Sud-Ouest. En ces années quatre-vingt on ne parle plus de congés ni même seulement de vacances. C'est le « Tourisme » qui désormais devient le concept dominant. Il s'agit d'englober toute une série d'activités autour du loisir, du temps libre. Les fameux « quatre S » du modèle touristique, « Sea, Sun, Sand, Sex » (Mer, Soleil, Sable, Sexe), slogan popularisé de façon satirique par le film "Les Bronzés" interprété par la troupe du Splendid et réalisé par Patrice Leconte, est pris en compte par les professionnels.
En 1988, la commune de Châtelaillon décide de procéder à un réaménagement total de la zone englobant le casino, son parc, et une partie du parc municipal pour construire un ensemble immobilier baptisé « Les Principautés du Casino ». Adossé à la proposition d'un groupe immobilier, le projet a pour corollaire d'entamer quelque peu le parc municipal pour une partie qui sera intégrée au projet privé. C'est tout l'environnement du casino qui s'en trouve bouleversé. L'encombrant cube de la salle de cinéma ainsi que la rotonde du palais de l'Atlantique disparaissent. L'opération immobilière de prestige prévoit « la construction de 250 appartements modulables avec tennis privatifs, piscine, bars et boutiques », comprenant également la rénovation du casino. En sous sol un parking doit être creusé.
Au cours de l'été 1988, les travaux avancent à la hauteur du casino notamment avec le creusement d'une profonde excavation sur sa partie arrière vers le boulevard de la République. Cette ouverture s'effectue dans une zone totalement sableuse.
Le chantier des « Principautés du Casino » progresse également. Tout bascule le 23 septembre : la partie centrale du casino s'effondre entièrement. Toiture, murs, sols, sans compter les aménagements intérieurs et le mobilier ne sont plus que des ruines. En un instant toute l'histoire presque séculaire de l'édifice se trouve anéantie. Seules les deux ailes du bâtiment sont restées debout ainsi qu'une partie de la façade sur mer. Ce choc pour les châtelaillonnais vivant au quotidien dans la commune touche également tous ceux qui sont attachés à cette image emblématique de la cité balnéaire. Le coup est rude pour les projets en cours et rend nécessaire la révision du calendrier. Après la destruction de la verrière en 1945 suite à l'explosion d'un dépôt de munitions, cet effondrement frappe davantage encore l'intégrité du casino de 1895.